C’est comme ça que ça commence.
Par de petites attentions…
C’est d’être la première personne sur qui elle pose le regard le matin. C’est de lui sourire alors qu’elle ouvre tranquillement les yeux tandis que le soleil lui chatouille le front délicatement. Encore dans ses rêves, elle me cherche à travers les ombres de la brunante. Et c’est d’être son protecteur, ici comme là-bas, où nul autre ne peut aller…
Rêver à ça des milliers de fois. Savoir quoi faire...
Sous la tiédeur des couvertures, fermer les yeux, se mordre les lèvres, incliner la tête pour toucher sa joue, penser au bonheur, pas trop, mais juste assez pour ne pas l’épuiser…Laisser chaque souffle couler, longtemps. Inspirer, jusqu’à être plein, suspendre le temps, pendant une unique minute, puis laisser la vie reprendre son cours, doucement. Ressentir cette impression de renaissance qui revient, à chaque fois, un peu plus forte, aux creux de la nuit, avec elle.
Sans penser à rien, coller son oreille sur sa poitrine et écouter la vie trépider à l’intérieur de son corps. Embrasser ces pulsions qui, frénétiquement, tentent de s’échapper, mais qui, figées, restent prises derrière son regard pétillant. Chaque seconde s’envole quelque part où la vie n’ira jamais et chaque clignement de ses yeux est une nouvelle occasion de sourire de toutes ses dents.
Elle s’éveille, me reconnaît, se presse contre moi. Son souffle me frappe.
Frissonner, mais pas de froid. Se perdre dans le blanc de ses yeux tandis qu’elle cherche à comprendre la magie du moment. Avoir le goût de la serrer contre moi, mais savoir qu’il ne faut pas. Attendre, patiemment.
Un nuage obscurcit le ciel et la noirceur retombe sur notre paradis. C’est un test, un obstacle.
Lui faire comprendre qu’on sera toujours là, pour l’éclairer et qu’il n’y a pas de raisons d’avoir peur. À défaut de la voir, être capable de la reconnaître à son odeur. Approcher son visage de son cou, à la base de ses cheveux frisottés, là où elle sent si bon. Respirer un bon coup, se noyer d’elle, en mourir au pire, car rien n’est plus beau ni moins tragique. Caresser son visage sans lui toucher, définir ses traits aveuglément. Laisser la chaleur de son corps guider notre main, ressentir avant d’agir. Écouter son corps parler, danser avec lui dans la nuit, l’apprivoiser.
Elle comprend, mais elle enfreint les règles, consciemment, comme toujours.
L’acteur devient le témoin et vice-versa.
Elle s’enroule, se tord, s’accroche autours, à travers et sur moi. Le temps devient invisible, rien n’existe plus.
Résister futilement, juste pour jouer. Surtout, surtout…la laisser gagner. Rouler, tanguer pour se retrouver en dessous. Essayer de se dégager les poignets. Jeter des regards, les paupières à demie fermées. Aimer la façon qu’elle a de susurrer à l’oreille.
Ça rend dingue.
Attendre qu’elle se fatigue. En attendant, caresser son dos, griffer ses cuisses, mordiller ses doigts. Penser que rien n’est plus pareil et sous-peser la chance que l’on a. Voir jusqu’à demain et même un peu plus loin. Coller son dos contre ses reins, flotter dans ses cheveux si doux. Savoir qu’on est unique pour elle…et se jurer de toujours être là pour la rendre heureuse.
Parce que c’est le plus important.
Et ces milliers d’autres choses que nous n’avons pas même commencé à imaginer aujourd’hui qui la feront rire demain et qui la feront sentir encore plus unique…
En rêver ce soir…
Texte par Daniel Morin
Dernière mise à jour le 27 avril 2008
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3 commentaires:
Woah ! Quel beau texte ! GÉNIAL. Un méchant bel hommage à ta belle !
Merci Vérochou!:D
Wow, ça vibre ce texte là. Le rythme du texte est enivrant! T'as du talent, c'est certain!
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